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Swissburo.ch Newsletter # 9 - Octobre 2010

  

REHABILITATION DES FRICHES INDUSTRIELLES

Entretien avec Daniel Moser,
Chef développement Région Ouest CFF Immobilier

Quel est l’historique de ce projet aujourd’hui réalisé ?
Cet historique s’inscrit dans l’évolution progressive du rail. Pendant de nombreuses années, les activités ferroviaires et industrielles adjacentes étaient volontairement confinées à l’extérieur de la ville, alors que la mobilité était déjà considérée comme un élément essentiel du développement d’une région. L’évolution socioéconomique et technologique actuelle confère aujourd’hui aux quartiers des gares un rôle important dans la densification urbaine, susceptible d’apporter une réponse aux défis de l’aménagement du territoire, tout en contribuant au développement d’une région. À Neuchâtel, l’impulsion pour le développement de ce quartier est venue de la détermination conjointe des CFF et de la Confédération d’y réaliser les bureaux de l’Office Fédéral de la Statistique (OFS) à la fin des années 80.





Quelles sont ses principales caractéristiques et articulations ?
L’urbanisation du quartier de la gare de Neuchâtel concilie densification et mixité d’affectations, en parfait accord avec la stratégie des CFF ; elle apporte une solution adéquate aux contraintes actuelles et futures de l’aménagement du territoire. Ainsi, les gares, jusqu’ici volontairement construites en périphérie des villes, en deviennent des centres névralgiques offrant une excellente qualité de vie dans un cadre urbain respectant les principes écologiques, sociaux et économiques du développement durable.

À quel titre les CFF y sont-ils impliqués ?
Les CFF sont propriétaires de la totalité des terrains du plateau du Crêt-Taconnet (env. 5 ha). Du point de vue foncier, le site de Neuchâtel a vu naître différents type d’accords : soit par la constitution de droits distincts et permanents (DDP) comme pour les bâtiments de l’OFS et le CMN-HEG (Conservatoire de Musique de Neuchâtel et Haute Ecole de Gestion) ; soit par la vente du terrain, à l’instar des immeubles de logement réalisés par Helvetia Assurances ; soit, enfin, par investissement propre pour le bâtiment TransEurope destiné à abriter la Haute-Ecole ARC dès l’été 2011 ; ce dernier restera ainsi dans le portefeuille de CFF Immobilier.

Comment avez-vous concilié réhabilitation et préservation du patrimoine ?
Un des facteurs-clé de réussite des processus de mutation des friches ferroviaires en « morceaux de ville » réside dans la maîtrise des contraintes liées à l’exploitation ferroviaire. À Neuchâtel, ces contraintes se sont avérées relativement vite maîtrisées dans le sens où la totalité des 5 ha a pu être libérée quasi simultanément, sans grand frais de relocalisation des activités ferroviaires. Mais la situation sur de nombreux autres sites n’est pas aussi idyllique !

Qu’a-t-on entrepris pour rendre ce projet économiquement viable ? Y est-on parvenu ?
La démarche est relativement simple : cela commence par un plan d’affectation (en l’occurrence un plan de quartier) qui doit offrir une vision attrayante et réaliste du résultat final. Il doit néanmoins rester flexible et sera réalisé par étapes, chacune devant être économiquement viable par elle-même. Cette prise en compte récurrente de facteurs économiques permet de prévenir des écarts préjudiciables à la santé économique du projet. En l’occurrence, pour juger le résultat de cette réhabilitation, il suffit d’observer ce qu’est devenue cette ancienne friche de 5 ha : intégralement réaménagée, elle fait l’unanimité parmi tous les acteurs, tant propriétaires qu’utilisateurs.

Comment a-t-il été accueilli par la société civile ?
Sans prétendre à une objectivité absolue, je me risque à affirmer que ce quartier, à proximité de leur gare, fait la fierté des Neuchâtelois. La concrétisation de ce projet peut être érigé en exemple pour de nombreuses villes suisses. En tant que maître de l’ouvrage du bâtiment TransEurope, nous relevons par ailleurs que l’autorisation de construire ce bâtiment a été délivrée sans la moindre opposition; nous considérons cette adhésion comme le reflet de l’accueil favorable des riverains et de la société civile en général.


Propos recueillis par Jacques-Pascal Cusin

 

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